dimanche 31 janvier 2010

La Musica


Eros Ramazzoti, Luciano Pavarotti, et pour les plus férus d'opéra, Carmen Consoli, sont peut être les plus grandes si ce n'est les seules stars italiennes que nous, pauvres franchouillards, connaissont. Et pourtant, et pourtant, je n'aiiiime que toi, comme nous le révélait Charles, il n'y a pas si longtemps, la musique italienne c'est bien autre chose. Et c'est bien ma chance d'être tombé sur un colocataire qui a eut dans sa jeunesse cette bonne idée de choisir de faire une licence d'étude de la musique, à Bologne. Et c'est doublement ma chance d'être tombé sur deux autres colocataires , qui sans étudier la musique, ne sont pas en reste pour ce qui est de l'écouter.
Et je me doit d'annoncer la nouvelle, de me faire prophète en terre infidèle, d'exprimer ma joie et ma surprise à la face du mon.... Ahem... Disons que je me sens l'obligation de publier sur une sombre page, d'un obscur blog, d'un non moins obscur Erasmus, que la musique italienne existe, qu'elle est forte et belle, qu'elle ne demande qu'a être écoutée et qu'elle le mérite.

Parce que si Eros Ramazzoti, avec tout le respect que je lui doit, n'est pas ce que je qualifierai un compositeur-interprète d'un talent inégalé, il existe au sein de la variété italienne des talents méconnus. Si certains sont déjà présents sur la scène française, ne serait-ce que de loin (je pense aux groupes Bandabardo, Negramaro, ou encore à Fabrizio De Andrè), d'autres sont véritablement inconnus. Par exemple j'ai été très surpris par Daniele Silvestri, chanteur qui donne dans différents genres musicaux bien que centré sur la pop, et qui gagne à être connu. De même, qui aurait songé à l'existence des « Modena City Ramblers », groupe de musique... irlandaise ! Mais rassurons nous, les paroles sont en italien. Un autre artiste qui mérite toute l'attention que l'on peut lui offrir, c'est Ludovico Einaudi. C'est un pianiste italien étonnant, qui réussi à produire des morceaux surtout en solo, qui contiennent une poésie certaine, si ce n'est une certaine poésie. Je conseille, reconseille, overconseille, voir ordonne, d'écouter ce pianiste.

Et je ne parle pas des chanteurs napolitains, sardes ou des Pouilles (oui parce que « pouilleux », ça le fait moyen...), que j'entends chaque jours...

Si je trouve autre chose, je vous le fait savoir!!

samedi 30 janvier 2010

Milano e Bologna, tutto e il suo contrario


Après une absence due pour la plus grande part à des événements indépendants des volontés de la production, et pour la plus petite à une flemme profondément ancrée de la production, l'équipe a décidé de reprendre le service, pour un deuxième semestre que l'on espère plus mouvementé que le premier.
Ceci dit il reste quelques événements pré-noël non relaté, et qui méritent leur petit récit. Notamment la merveilleuse histoire du voyage dans l'Italie qui travaille, l'Italie sécessionniste, industrielle et d'avant-garde, bref dans le (Ch') nord. En effet, des exilés Pays-Basiens (que nous ne citerons pas, ils se reconnaitrons) ayant décidés de rendre une petite visite aux cousins latins, un week-end fut prévu à Milan. Après ces deux jours assez agité et le choque culturel conséquent qui en est résulté, je crois qu'il est de mon devoir de peindre un tableau de Milan, tout en contraste avec Bologne.

dimanche 29 novembre 2009

La battaglia di cuscini

Hier fut une journée glorieuse pour tout les bolognais. En effet ce samedi fut pour le moins pelucheux. Imaginez, en face de la basilique de Bologne, à 45° est du Palais Communal, juste à coté de la Fontana Del Nettuno, un petit millier de personnes de tout âge et de tout sexe qui, armés de polochons et autres coussins, se mette joyeusement sur la figure.


Le concept est simple : organiser via internet une rencontre entre individus potaches et de bonne compagnie. Sur une place centrale d'une ville étudiante, c'est encore mieux. Demandez à chacun de ces joyeux drilles de se munir de pelucheux coussinq. A une heure dite, sifflez un grand coup dans un quelconque objet sifflant, et admirez. Les coussins s'abattent sans frémir, les têtes s'enfoncent, les cervicales se brisent, les gens crient, un pokémon jaune se dresse au dessus de la foule, la chasse est ouverte...



La peluche de coussin vole rapidement au dessus des guerriers, couvrant le champ de bataille d'une sanguine paleur. Les combats ne cessèrent qu'après plus d'une heure d'acharnés coup de taille, qui ne tardèrent pas à sonner plus de la moitié des combattants qui finirent ainsi face à la basilique, implorant le pardon divin pour la peluche répandue.

dimanche 22 novembre 2009

Etre en collocation, c'est sympathique.

Et oui, être en collocation en Italie, avec des italiens, c'est sympa!
Surtout que les collocataires, que j'ai déjà présenté, sont de régions différentes et qu'ils veulent donc absolument que je goutte les spécialités que la mamma a envoyée de Caserta/Lecce/Sardaigne. Et depuis peu, nous vivons à grand renforts de mozzarelle artisanale fraîche, de pécorino sarde, de patisseries napolitaines et de saucisse sèche. C'est tout de même agréable. Et cela m'amène d'ailleurs à penser que tout de même, les italiens sont très attachés à leur région, et encore plus à leur famille. Tout les colis sont fait "dalla mamma", chacun affirme sa région, a ses amis de sa région, parle le dialecte de sa région... Alessia, qui est sarde, pourrait ne manger que des produits sardes. Pietro, qui est de Caserta/Naples, n'en parles que comme la plus belle ville du monde, retourne chez lui courrament et ne révait que de sa mozzarella. Stefano, qui est de Lecce, ne se fait quand à lui pas prier un instant pour chanter qu'il est de Lecce, et que s'il vous apporte son coeur, c'est pour mieux vous envoyer vous faire voir.
Seul Carlo ne revendique pas tant sa région, étant donné qu'il s'y trouve déjà. Ceci étant dit, tout les italiens que j'ai rencontrés arrivent à glisser dans la conversation quelques références à ce qui se fait dans sa région, dans sa ville, ce qui s'y cuisine, et comment le fait sa maman.

La récolte des olives !

Avec quelques petites semaines de retard, laissez moi vous raconter l'histoire fantastique qui m'a amenée à partager ce superbe moment de contentement sociologique qu'est la récolte familiale des olives.

Écartons-nous un instant des idées préconçues que véhiculent les Virgules en matière d'olives : non la récolte ne se fait pas quand le soleil éclaire le plus les olives, mais bien de début novembre à début décembre, du nord au sud. En fait, il existe même un débat national italien sur ce thème controversé « quand doit-on récolter la ptite verte? ». La réponse peut varier de septembre à février.

Allons-y. Une amie allemande a un ami italien. Cet ami italien travail en Suède. Mais il loue une maison dans une bourgade proche de Pise, accrochée a la montagne. Cette maison a un jardin. Le jardin compte quelques 6 oliviers. Nous sommes donc arrivé vendredi soir, il y a deux semaines , à Calci, via Navacchio, dans les collines surplombant Pise.
Pour vous représenter le tableau : Calci est un village de montagne, en pente, traversé par un torrent, des rues assez étroite pour qu'un cycliste se demande sérieusement si c'est une bonne idée. La maison ou nous avons dormi ces 3 jours est quasiment la dernière du village et se trouve pratiquement au dessus du village. Le poêle est de rigueur et l'eau chaude est d'un accès difficile, mais ces gens ont dans le cœur l'huile d'olive qu'ils n'ont pas encore. En effet, nous sommes accueillis par Laurenzo, qui nous a invité, ainsi que par ses parents. Le père est un ancien professeur de médecine à la retraite, la mère est chercheuse en biologie également à la retraite. Tous sont charmants, la conversation se fait en italien, matinée d'un peu de français et d'allemand de celui qu'il est convenu d'appeler « monsieur le professeur ».

Nous nous sommes donc levé le lendemain à l'aube de l'étudiant, et tout s'est emballé. Des râteaux, des râteaux au bout de long manche, des filets, des oliviers, une scie et un grand sourire, c'est partis ! Alors pour récolter des olives, il vous faut d'abord un olivier à point. L'olivier a ceci du saule qu'il est pleureur ; il s'agit donc de mettre ne place les filets sous l'arbre à grand renfort de pinces à linge, puis de ratisser les branches extérieures afin d'en faire tomber les olives. Un courageux monte en même temps dans l'arbre et s'occupe à couper les branches trop hautes et à ratisser les branches « intérieures ». Et avec cette technique, d'arbres en arbres, les olives tombent, on relève les filets, on met les olives en caisse et on recommence. Le samedi se déroule ainsi, en interjections italiennes fleuries quand une branche ne se laisse pas faire, qu'un râteau se dévisse, qu'un averse nous surprend. Les repas sont l'occasion de découvertes culinaires surprenantes. Des plats faits de fricassés de légumes et de pains, qu'un bouillon amalgame, traditionnel des paysans de toscane ; le fait que la mozzarelle se mange comme plat de résistance, la « fiorentina » qui se trouve être une pièce de viande monstrueuse conduite avec de l'huile, du parmesan et de la rucola, le vin « Rosso Conero », le « Bardolino » du Veneto... Enfin on a bien mangé quoi.

Samedi soir, nous sommes descendu à Pise, faire un(e) petit(e) tour, qui n'est vraiment pas grande d'ailleurs. Pise, c'est sympa, c'est meugnon, ça mange pas de pain, c'est une ville italienne ou passer quelques temps. Mais la tour est vraiment pas grande. Mais alors pas grande du tout.
Au réveil du dimanche matin, nous sommes accueillis par une invitée surprise qui jugule quelque peu nos ardeurs récoltières : une tempête a semble-t-il décidée de s'offrir un petit tour par les collines pisanes : un vent à décoller les tuiles et une pluie a faire tomber les olives. Ceci dit les petites sont tenaces et bien, qu'à cela ne tienne, nous revêtons nos combinaisons/cuissardes/bonnets/bottes, et nous reprenons la récolte!
Récolter des olives sous la pluie a quelque chose d'assez épique, enfin doucement quand même. Ceci dit, a grand coups de râteaux, nous avons achevé de récolter quelques 200 kilogrammes d'olives. Une recherche infructueuse de champignons dans les hauteurs puis un diner gargantuesque nous ont portés tels les bienheureux que nous étions, vers les champs élyséens du « Frantoio ».

Lieu enchanteur, merveilleux, emplis de joie et de « putti » qu'est le Frantoio, « Pressoir » de son petit nom français. Un lieu proprement magique, diffusant un arôme doucereux, peuplé de petits vieux qui viennent presser les quelques arpents de terres qu'ils détiennent,et d'un silence parfait. Nous rentrâmes accompagnés d'une armées de 200 kilos de soldats verdâtres et pygmés, nous n'étions plus que 24 litres au robinet. Les olives pleines d'eau ne donnent pas tant d'huile que ça. Ceci étant dit l'huile est très peu acide, donc de très bonne qualité, et nous repartons, France et Allemagne, chargée de 6 litres d'Italie en bidon.

Le retour est calme, somnolent, et nous retrouvons tout deux nos pénates bolognaise, avec le sentiment d'émerger d'un rêve. Il semblerait que ces 3 jours dans les hauteurs de Pise aient été... Italiens!

jeudi 12 novembre 2009

On reprend du service!

Voila, premier message en quasiment 1 mois si l'on exclue mon exaltation internetique.
Quoi de beau, quoi de neuf sous le soleil de Bologne ? Ma foi, il faut bien avouer que la vie ici est plutot tranquille. Le rythme étude/fête/récupération est fixe, la grande chasse au supermarché le plus grand et le moins cher arrive à son terme, et la collocation franco-italo-polonaise se déroule comme un réve éveillé.
Ceci-dit, il serait tout de même temps que je présente un peu mon habitat, les gens qui y habitent et sa location dans l'espace.
Alors tout d'abord, je l'ai dit, redit et un peu trop dit, j'habite Piazza Verdi, ou se trouve le théatre communal, le rendez-vous des punk à chiens et le départ des manifestations anarcho-communistes. C'est à dire que ça donne ça :


Je ne sais pas si c'est très clair, m'enfin ya déjà une idée générale. Alors maintenant que l'espace, c'est fait (centre tout ça, tout proche mais cher et la fête tout les week end etc etc...), voyons les gens.

On a tout d'abord mon collocataire polonais. On dors dans la même chambre parce qu'a Bologne, le logement coute très très cher, donc les chambres double pour diviser le loyer, c'est normal. Ce colloc polonais se nome Jakub, ou encore Kuba. Non ce n'est pas un surnom de buveur de rhum, mais ça veut dire semble-t-il exactement la même chose en polonais. Surtout ne pas poser de question.

Jakub est l'archange gabriel réincarné. Il mange comme 10 polonais et bois comme 20 mais il a un sourire permanent, a toujours la blague juste et ingénue, c'est une merveille de colloc. Je crois qu'avoir ce genre de personne en collocation avec soi change vraiment son année Erasmus!! Je ne m'épancherai pas plus, je crois que le message global est passé.
Désolé pour la photo, elle provient de la soirée que l'on a faite pour Haloween, je n'ai toujours pas d'appareil. Kuba est ici en "crisi finanziaria"

Ensuite on a les italiens. Le premier, c'est Pietro : il est de Caserta, province de Naples, et ça se voit. En effet, c'est un gars cool, sympa, joueur semble-t-il exceptionnel de guitare (il étudie d'ailleurs à la fac de lettre et musique) et assez bon fanatique de jeux vidéo. Il est sympa, organise des soirées poker, ramène des mandarines et dispose d'un matériel de mixage qui fait peur. En mode Haloween ça donnes ça :


Son collocataire de chambre, c'est Stéfano. Stéfano, c'est le vrai gars du sud : il vient de Lecce, c'est à dire le chewing-gum au bout du talon de la botte, plus au sud c'est la Tunisie. Il joue aussi de la guitare, chante, se déguise en V pour Vendetta à Haloween, étudie l'informatique et est également très sympa. Il ramène régulièrement son fromage, vin et huile faits à la maison, on s'amuses bien.
Ensuite on a Alessia, la Sarde. Alessia respire la sardaigne, nous gratifie elle aussi de son pécorino et de son pain/ gateaux etc... Elle est dans une chambre toute seule quand même, mais elle est vraiment très sympa, elle aussi. En fait de photos, je viens de lui demander, elle est pas très motivée pour que j'utilise celle d'haloween, j'en rajouterai donc une plus tard. De plus, Alessia dispose d'un truc fantastique: c'est elle qui a la machine a café commune de la colloc!! Et Alessia étudie à la fac de Cinéma.
Enfin, Carlo, le dernier italien, lui aussi dans une chambre tout seul. Carlo est Bolognais, étudie aussi en informatique, et a une salle de bain dans sa chambre. Ce qui explique qu'on ne le voit proprement jamais. En effet, c'est le premier étudiant italien, avec Alessia, que je voit étudier autant. Il sort le matin quand tout le monde dors (vers 8h30) et rentre le soir quand tout le monde part en soirée (vers 22h), donc on le croise de temps en temps mais rarement, surtout qu'il ne mange pas ici mais au "resto u" du coin, qui n'en est pas vraiment un, mais bon...
Sinon, l'appartement en lui même est tout petit, la cuisine est un placard et on a pas de salon, mais on a des grandes chambres, on est tous plutot soucieux de la propreté (surtout alessia, qu'il faut parfois retenir de force de faire le ménage, en lui expliquant que ce n'est pas son rôle, qu'elle n'est pas obligée, et qu'elle l'a déjà fait 5 fois aujourd'hui...), et on est tous gentils, donc la collocation est vraiment parfaite. De plus, hors Carlo, on a globalement tous les mêmes horaires et rentrer vers 3h du matin pour trouver ses collocataires en train de jouer au poker, je trouve ça super!!
Voila pour la description du lieu de vie Erasmus à Bologne!!




mardi 27 octobre 2009

ENFIN

ENFIN !!!

Enfin, le temps s'est trouvé plus fort que l'anomie et l'anti-organisation italienne!! Enfin, apres plus d'un mois d'attente dans une impatience que je ne décrirai pas, par pudeur, nous avons internet dans l'appartement!!! Je ne saurais exprimer à quel point ceci marque une nouvelle ère dans cette année Erasmus : il devient possible d'étudier, de communiquer, de se cultiver, toute ces choses qui nous manquent terriblement, nous autres geek ultramoderne.
Je vais pouvoir ecouter claude nougaro, parler avec pleins de gens, et même étudier les cours en ligne!!