dimanche 22 novembre 2009

La récolte des olives !

Avec quelques petites semaines de retard, laissez moi vous raconter l'histoire fantastique qui m'a amenée à partager ce superbe moment de contentement sociologique qu'est la récolte familiale des olives.

Écartons-nous un instant des idées préconçues que véhiculent les Virgules en matière d'olives : non la récolte ne se fait pas quand le soleil éclaire le plus les olives, mais bien de début novembre à début décembre, du nord au sud. En fait, il existe même un débat national italien sur ce thème controversé « quand doit-on récolter la ptite verte? ». La réponse peut varier de septembre à février.

Allons-y. Une amie allemande a un ami italien. Cet ami italien travail en Suède. Mais il loue une maison dans une bourgade proche de Pise, accrochée a la montagne. Cette maison a un jardin. Le jardin compte quelques 6 oliviers. Nous sommes donc arrivé vendredi soir, il y a deux semaines , à Calci, via Navacchio, dans les collines surplombant Pise.
Pour vous représenter le tableau : Calci est un village de montagne, en pente, traversé par un torrent, des rues assez étroite pour qu'un cycliste se demande sérieusement si c'est une bonne idée. La maison ou nous avons dormi ces 3 jours est quasiment la dernière du village et se trouve pratiquement au dessus du village. Le poêle est de rigueur et l'eau chaude est d'un accès difficile, mais ces gens ont dans le cœur l'huile d'olive qu'ils n'ont pas encore. En effet, nous sommes accueillis par Laurenzo, qui nous a invité, ainsi que par ses parents. Le père est un ancien professeur de médecine à la retraite, la mère est chercheuse en biologie également à la retraite. Tous sont charmants, la conversation se fait en italien, matinée d'un peu de français et d'allemand de celui qu'il est convenu d'appeler « monsieur le professeur ».

Nous nous sommes donc levé le lendemain à l'aube de l'étudiant, et tout s'est emballé. Des râteaux, des râteaux au bout de long manche, des filets, des oliviers, une scie et un grand sourire, c'est partis ! Alors pour récolter des olives, il vous faut d'abord un olivier à point. L'olivier a ceci du saule qu'il est pleureur ; il s'agit donc de mettre ne place les filets sous l'arbre à grand renfort de pinces à linge, puis de ratisser les branches extérieures afin d'en faire tomber les olives. Un courageux monte en même temps dans l'arbre et s'occupe à couper les branches trop hautes et à ratisser les branches « intérieures ». Et avec cette technique, d'arbres en arbres, les olives tombent, on relève les filets, on met les olives en caisse et on recommence. Le samedi se déroule ainsi, en interjections italiennes fleuries quand une branche ne se laisse pas faire, qu'un râteau se dévisse, qu'un averse nous surprend. Les repas sont l'occasion de découvertes culinaires surprenantes. Des plats faits de fricassés de légumes et de pains, qu'un bouillon amalgame, traditionnel des paysans de toscane ; le fait que la mozzarelle se mange comme plat de résistance, la « fiorentina » qui se trouve être une pièce de viande monstrueuse conduite avec de l'huile, du parmesan et de la rucola, le vin « Rosso Conero », le « Bardolino » du Veneto... Enfin on a bien mangé quoi.

Samedi soir, nous sommes descendu à Pise, faire un(e) petit(e) tour, qui n'est vraiment pas grande d'ailleurs. Pise, c'est sympa, c'est meugnon, ça mange pas de pain, c'est une ville italienne ou passer quelques temps. Mais la tour est vraiment pas grande. Mais alors pas grande du tout.
Au réveil du dimanche matin, nous sommes accueillis par une invitée surprise qui jugule quelque peu nos ardeurs récoltières : une tempête a semble-t-il décidée de s'offrir un petit tour par les collines pisanes : un vent à décoller les tuiles et une pluie a faire tomber les olives. Ceci dit les petites sont tenaces et bien, qu'à cela ne tienne, nous revêtons nos combinaisons/cuissardes/bonnets/bottes, et nous reprenons la récolte!
Récolter des olives sous la pluie a quelque chose d'assez épique, enfin doucement quand même. Ceci dit, a grand coups de râteaux, nous avons achevé de récolter quelques 200 kilogrammes d'olives. Une recherche infructueuse de champignons dans les hauteurs puis un diner gargantuesque nous ont portés tels les bienheureux que nous étions, vers les champs élyséens du « Frantoio ».

Lieu enchanteur, merveilleux, emplis de joie et de « putti » qu'est le Frantoio, « Pressoir » de son petit nom français. Un lieu proprement magique, diffusant un arôme doucereux, peuplé de petits vieux qui viennent presser les quelques arpents de terres qu'ils détiennent,et d'un silence parfait. Nous rentrâmes accompagnés d'une armées de 200 kilos de soldats verdâtres et pygmés, nous n'étions plus que 24 litres au robinet. Les olives pleines d'eau ne donnent pas tant d'huile que ça. Ceci étant dit l'huile est très peu acide, donc de très bonne qualité, et nous repartons, France et Allemagne, chargée de 6 litres d'Italie en bidon.

Le retour est calme, somnolent, et nous retrouvons tout deux nos pénates bolognaise, avec le sentiment d'émerger d'un rêve. Il semblerait que ces 3 jours dans les hauteurs de Pise aient été... Italiens!

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