Après une absence due pour la plus grande part à des événements indépendants des volontés de la production, et pour la plus petite à une flemme profondément ancrée de la production, l'équipe a décidé de reprendre le service, pour un deuxième semestre que l'on espère plus mouvementé que le premier.
Ceci dit il reste quelques événements pré-noël non relaté, et qui méritent leur petit récit. Notamment la merveilleuse histoire du voyage dans l'Italie qui travaille, l'Italie sécessionniste, industrielle et d'avant-garde, bref dans le (Ch') nord. En effet, des exilés Pays-Basiens (que nous ne citerons pas, ils se reconnaitrons) ayant décidés de rendre une petite visite aux cousins latins, un week-end fut prévu à Milan. Après ces deux jours assez agité et le choque culturel conséquent qui en est résulté, je crois qu'il est de mon devoir de peindre un tableau de Milan, tout en contraste avec Bologne.
Milan/Bologne ce sont entre 1h30 et 4 heures de train, suivant l'option « train grande vitesse », « intercity », « regionale », et bien sur l'éternel « tutte le soluzioni » assez nébuleux que propose le moniteur de l'aimable machine à billet. C'est d'ailleurs dès la gare que l'on se rend compte de l'immense différence entre Bologne et Milan. La gare de Bologne est en effet un bâtiment relativement bas et rouge. A l'inverse, mon arrivée en début de matinée à la gare de Milan Centrale (oui parce que Milan, c'est grand, il y a plusieurs gares) donne dans le grandiose. La gare est en effet un bâtiment immense, sur deux niveaux, des plafonds aériens et une façade tout ce qu'il y a de plus fasciste. Blanche, parée de statues de bronze, entourée de buildings et de banques, la gare de Milan est l'opposée de la gare de Bologne, entourée de centres sociaux, d'hôtels et de pizzerias.
Et Milan elle-même, grande, bien plus grande que Bologne (1,3 millions d'habitants contre 375 000), emplie de bâtiment hauts, bien plus haut que les plus grands bâtiments de Bologne. Pour donner un ordre de grandeur, aucuns bâtiments de Bologne n'excède les 4 ou 5 étages. A l'inverse, les bâtiments milanais comptent en moyenne 7 ou même 8 étages, à l'exception du centre historique, et encore. Parce que là aussi est la différence. Et oui. Bologne c'est une vieille ville (bon Milan aussi) et ça se voit (à Milan par contre non). La différence architecturale entre Milan et Bologne est énorme, et révèle très largement l'opposition entre les deux villes. D'un coté nous avons le centre de Bologne, tout rouge, formé de bâtiments bas et pour les plus anciens du treizième ou du quatorzième siècle, le coté très ancien du bâtis renforcé par l'omniprésence des très saintes arches qui nous protègent de la pluie et nous laisse à la merci des bourrasques. Ces arches, qui couvrent les trottoirs de quasiment toute la ville, sont un réel « symbole architectural » de Bologne. D'autre part, Milan est visiblement plus haute, formée de bâtiments clairement plus récents (plutôt du XIXème siècle pour les plus anciens), ce qui se voit à travers l'urbanisme et l'architecture. Bologne est absolument dépourvue des grandes artères de Milan, circuler en voiture dans les ruelles tortueuses de « la Grassa » doit être un vrai calvaire, et si certaines rues milanaises sont piétonnes, le centre- ville bolognais est fermé à la circulation 12 heures par jour. Bref, insomma, mon arrivée à Milan se révèle, comme disent les italiens, « uno shock culturale ». L'environnement est différents, les vieilles pierres ne t'agressent pas au détour d'un pavé, le ciel m'est apparu dans son immensité, et je me suis vraiment demandé pendant un instant si je n'était pas arrivé dans une autre époque, dans une Italie du vingtième siècle, avec des banques, des grattes-ciels et des trams.
Après une reconnaissance primaire, je retrouve Nico, exilé lui aussi en Italie, et on part faire une visite plus approfondie. Et c'est avec surprise que je découvre les possibilités culturelles de Milan. En effet, je dispose d'un Guide du Routier, très utile en ce genre de situation. Et force m'est de constater que les musée et les monuments ne gambadent pas gaiement dans les rues de la capitale économique italienne (pour l'anecdote, Bologne en serait presque à ouvrir un musée sur ses musées ). En effet, si l'on ne peut éviter la cathédrale milanaise (le « hérisson de marbre pour les intimes »), la pinacothèque de Bréda, la galerie Victor-Emmanuel II et la Cène de Leonardo (dont il faut réserver la vue 2 mois à l'avance et qu'on ne peut admirer que 10 minutes...), le reste manque légèrement d'attrait, et n'a définitivement rien à voir avec la profusion de monuments, d'églises et de vieux bâtiments bolognais.
Enfin, la dernière différence est nettement politique. Milan est la « ville de Berlusconi », qui détient le Milan AC, qui y tient largement son discours politique, qui y a construit sa carrière en affaire. En nous promenant dans les rues, on a ainsi croisé une échoppe de la Lega Nord, partis d'extrême-droite sécessionniste italien, qui fait partie de la coalition de Berlu. Tout l'humour se trouvant dans le groupe de milicien des « rondes », en uniforme de police aux couleurs du parti, qui se trouvait à coté. Drôle. Bologne c'est l'inverse, la ville est si communiste qu'on l'appelle la rouge, parcourue de manifestations anarchistes, étudiantes, de gauche, voir surement de droite tellement il y en a. On croise des graffitis antifascistes au moins autant que les antifascistes eux-même, et jusqu'aux concerts sont de « musique antifasciste » ou de musique de manifestation. Autant dire qu'il n'y a pas plus opposé...
Enfin, la dernière différence est nettement politique. Milan est la « ville de Berlusconi », qui détient le Milan AC, qui y tient largement son discours politique, qui y a construit sa carrière en affaire. En nous promenant dans les rues, on a ainsi croisé une échoppe de la Lega Nord, partis d'extrême-droite sécessionniste italien, qui fait partie de la coalition de Berlu. Tout l'humour se trouvant dans le groupe de milicien des « rondes », en uniforme de police aux couleurs du parti, qui se trouvait à coté. Drôle. Bologne c'est l'inverse, la ville est si communiste qu'on l'appelle la rouge, parcourue de manifestations anarchistes, étudiantes, de gauche, voir surement de droite tellement il y en a. On croise des graffitis antifascistes au moins autant que les antifascistes eux-même, et jusqu'aux concerts sont de « musique antifasciste » ou de musique de manifestation. Autant dire qu'il n'y a pas plus opposé...
Cependant, nous découvrons le soir même, après avoir fait la jonction avec les exilés hollandais et les exilés milanais, le réel intérêt de Milan. La ville est en effet couverte de discothèques, de magasins chics et de restaurants qui ont adopté de manière très prolifique la formule de « l'apperitivo ». C'est, il faut bien l'avouer, en se marrant comme des baleines, que l'on découvre la longue liste des boites milanaises, du « Beatch » au « Sous-marin jaune » en passant par « le banque » ou « le dessous du pont », le « goumpaloupa » et je passe le meilleur... Bref, à 7h dans le métro, on ne peut que penser qu'on a passé une bonne nuit, avec de la bonne musique, au chaud, pour pas cher, et que c'est pas tout les jours possible à Bologne...
Ceci dit, Milan et Bologne ont aussi de grandes choses en commun. Et oui, on y parle plus ou moins la même langue, on peut dans les deux villes commander 345 sortes de cafés différents sous toutes leurs formes et dans n'importe quel type de tasse, et tout semble dans les deux cités... Italien. On y mange des croissants à la crème, on parle dans la rue en agitant les mains, tout le monde devient fou quand on avoue notre ignorance de la différence entre l'Inter et Milan AC (d'ailleurs, on dit pas « L'inter de Milan »? Bon, alors...), et les pâtes se cuisent de la même façon. Ouf, pendant deux jours, j'ai eut peur d'avoir changé de pays...
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