jeudi 8 octobre 2009

Celle qui n'avait pas toute ses facultés

Ahhh la rentrée des classes, tous sacs sur l'épaule, sourire aux lèvres et une pomme pour le professeur dans la poche... Voila le genre de rentrée universitaire totalement improbable en Italie, ou en tout cas, à Bologne. Effectivement il manque généralement dans cette université un élément central... Les profs!

Premiers jours à la faculté : premier cours de managment où je découvre le "quart d'heure académique" (ce qui signifie qu'un quart d'heure de retard n'est pas répréhensible, qu'une demi heure est acceptable et qu'au delà ce n'est pas si grave), qu'il est normal de passer un cours entier à préciser des points d'organisation, toujours le même, parce qu'évidemment il n'existe pas de service d'information. Premiers cours de marketing et de Sociologie, ou je découvre que le professeur peut tout à fait ne pas venir sans prévenir et que tout le monde trouve ça tout à fait normal, qu'une salle peut être un cagibi entre deux poubelles et se trouver à l'autre bout de la ville. Premier cours de sociologie de la communication, 3/4 d'heure de retard avec le sourire et des blagues sur les skinhead en dialecte!!

Bref, l'université de Bologne est italienne, très italienne. Ainsi, l'institutionnalisation du retard est tout à fait aboutie : il est inutile de se présenter avec moins d'un quart d'heure de retard, et même une demi heure semble ne pas poser le moindre problème. Évidemment, finir en temps et en heure est hors de question, et des cours de deux heures se voient ainsi réduit à 1h quand ce n'est pas moins. Jusque là, pour un étudiant standard, tout va bien, moins on étudie mieux on se porte... Oui mais...

Mais l'idée de partir en Erasmus est de profiter des cours de bon niveau des facultés étrangères, ou en tout cas c'était l'un de mes objectifs en Italie. Peine perdue semble-t-il. En effet, les cours de la faculté de Science Politique sont majoritairement des explications de lectures que l'on doit ensuite présenter à un oral qui est en fait une discussion avec le professeur pour montrer que l'on a bien compris. L'utilité relative des cours est si complètement admise qu'il existe un programme par cours pour les "fréquentants" et les "non-fréquentant", celui pour les fréquentants étant plus léger de quelques chapitres... Il est des cours de Sociologie durant lesquelles on n'entend parler que de vagues généralités sur la vie d'Auguste Comte, des cours de Sociologie des Médias qui sont autant de digressions sur les derniers écris du professeur, et je n'ose parler des deux heures de marketing sur l'utilisation de l'oxymore et de l'antithèse dans les slogans de marques qui n'existent plus depuis vingt ans.

Seul le cours de management tient la route, et ce parce que le livre support est plutôt bien retranscrit... (A noter que ces deux derniers cours sont des cours de MASTER). Les cours d'anglais sont à peu près équivalent aux cours de lycée/collège français, et je ne me glorifie pas d'avoir compris la fin d'un cours de Mathématiques. Autant pour les cours splendides de pointures de la Sociologie italienne...





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